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    l'avenir du football selon Jean Michel Aulas

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    Bruno
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    l'avenir du football selon Jean Michel Aulas

    Message  Bruno le Mar 13 Aoû - 13:57

    Jean-Michel Aulas : "Le modèle de demain intègre la propriété du stade"

    Par Propos recueillis par Anthony PROCUREUR le 13/08/2013 à 11:33, mis à jour le 13/08/2013 à 11:47@Antho_Eurosport

    Après un long combat, Lyon va devenir le premier club de Ligue 1 à posséder son stade. Un modèle économique qui représente l’avenir pour Jean-Michel Aulas. "Les clubs qui ne le feront pas disparaitront de la carte du football européen", estime le président de l’OL.

    Un club de football peut-il être une entreprise rentable ?

    Jean-Michel Aulas : En France, à l’heure actuelle, ça n’est pas évident. Parce que la France a toujours eu un mode de positionnement dans le football qui est un peu différent de l’Angleterre, l’Espagne ou l’Italie où les valorisations arrivent de manière assez traditionnelle indépendamment du secteur d’activité. Ceci étant, les capitalisations dans le football en Europe peuvent atteindre des sommes considérables. Manchester United représente un peu plus de deux milliards de capitalisation à la bourse. Arsenal, c’est un milliard. Copenhague, avec une société qui est également cotée, représente aussi une centaine de millions d’euros. Donc il y a une évolution vers un modèle qui devient rentable. Et le modèle de demain intègre aussi la propriété du stade, comme on le fait à Lyon. Quand vous êtes propriétaire d’un club de Ligue 1, demain vous aurez aussi la propriété du stade. Ça représente un actif très important d’une centaine de millions d’euros.

    En France, Lyon sera le seul club à posséder son stade. Ça reste difficile…

    J.-M. A. : Non, c’est l’inverse. Tous les grands clubs européens deviennent propriétaires de leur stade ou le sont déjà. Aux Etats-Unis, toutes les licences intègrent les infrastructures dans lesquelles se jouent les compétitions. Et l’évolution du fair-play financier fait que ce qui était un modèle structurellement déficitaire au travers de la spirale inflationniste des salaires va devenir un modèle équilibré et parfaitement maîtrisé. Donc je pense qu’on rentre dans une ère moderne dans laquelle ceux qui veulent maîtriser complètement la gestion du club doivent maîtriser complètement leur infrastructure. Un peu comme les propriétaires de multiplex de cinéma aujourd’hui qui ont intégré ces nouvelles données. Il ne faut pas voir l’activité football comme elle a été jusqu’à présent, c’est-à-dire dans un process inflationniste de salaires ou uniquement de transferts avec des valeurs incorporelles extrêmement élevées. Les actifs corporels sont en train de prendre le pas sur les actifs incorporels avec les infrastructures en matière de stades, qui représentent plusieurs centaines de millions d’euros de coût et donc de revenus, et aussi des centres de formation extrêmement sophistiqués. C’est un modèle qui est en pleine évolution et qui donne de très bons résultats économiques à travers de qu’on voit les pays où le football marche bien, comme l’Angleterre et l’Allemagne.

    Mais beaucoup de clubs ont dû mal à rentrer dans leur stade, comme Le Mans ou…

    J.-M. A. : (Il coupe) Ça n’a rien à voir. On ne peut pas comparer Le Mans avec le Bayern, Lyon, Paris, Lille ou Marseille. Si vous faites un multiplex de cinéma en pleine campagne, évidement qu’il ne va pas marcher. Le football dont je vous parle, avec ses propres infrastructures, c’est dans des zones de population qui concernent des communautés urbaines importantes. C’est le football européen et pas uniquement le football de villes moyennes ou de villages. Le Mans, il y a une erreur d’appréciation. C’est une erreur de marketing. Par ailleurs, le modèle qui intègre les collectivités territoriales a vécu. C’est fini non seulement parce que l’Etat est endetté, mais en plus on est dans un mode d’évolution où le culturel, le sportif ou les infrastructures en général (les autoroutes, les prisons, les amphithéâtres) vont vers des modèles privés et non plus des modèles d’investissement public ou semi-public.

    On voit que le recrutement de Lyon est impacté à court terme par la construction du Stade des Lumières…

    J.-M. A. : On s’est fixé un objectif qui est de revenir à des investissements importants dans le domaine de la formation pendant la construction du stade. Lyon est le premier club à investir près de 10 millions par an dans la formation depuis des années. On est le premier centre français et le deuxième en Europe à former un certain nombre de joueurs de qualité. On est parti sur certaines idées directrices. Et dans la vie il faut faire des choix. On est arrivé au plus haut niveau en faisant beaucoup appel à notre centre de formation. Ensuite, on a essayé d’appliquer des modèles plus européens avec des acquisitions de joueurs élevées. Ça a pas mal fonctionné puisqu’on est resté parmi les premiers clubs européens. Mais ça n’a pas permis de franchir une étape. Donc on revient à un mode de développement et de gestion autour de la formation. Ça ne veut pas dire qu’on ne recrutera pas. Bedimo est arrivé de Montpellier. Miguel Lopes est arrivé du Portugal avant lui. Simplement, on n’a plus la même approche en matière de transferts. C’est aussi parce que le modèle est en train de changer. On n’est pas sûr que les valeurs incorporelles (NDLR : la valeur des joueurs de l'effectif en cas de revente) vont perdurer dans le futur de manière aussi excessive qu’en ce moment.

    C’est un modèle qui va se généraliser ?

    J.-M. A. : Oui, bien sûr ! La tendance est irréversible. Ça a d’abord été le cas en Angleterre. En Espagne, les deux grands clubs que sont Madrid et Barcelone vont évoluer vers ce genre de modèle mais ils sont déjà propriétaires de leur stade ce qui leur permet d’avoir une grosse différence de revenus par rapport aux autres. L’Allemagne s’y est mise. Ils ont construit des stades fantastiques avec la Coupe du monde 2006 et aujourd’hui l’Allemagne a dépassé l’Angleterre au niveau des revenus liés aux jours de match. Ceux qui ne le feront pas disparaitront de la carte du football européen.

    Paris et Monaco, qui investissent des sommes considérables à perte, faussent-ils la donne ?

    J.-M. A. : Non, pas du tout. L’arrivée de Paris et Monaco, dans un contexte d’investissement important, vient au contraire valoriser tout le football français et étayer des droits TV à l’étranger qui vont connaître une hausse extrêmement importante. De toute façon, comme ils vont être soumis au fair-play financier comme tous les clubs européens. C’est la dernière année où ils peuvent se permettre d’investir à perte, c’est-à-dire de prendre des positions qui ne déboucheraient pas sur des équilibres complets des comptes. Le principe du fair-play financier, c’est que les ressources directes doivent combler les dépenses du club. Au contraire, je trouve que c’est bien pour le football français parce que ça va permettre de mieux le valoriser. On est aujourd’hui dans des modèles où, en Angleterre, les droits TV internationaux permettent de générer près de 800 millions d’euros par an. En France, on est à 35-40 millions. Donc on voit bien qu’il y a un gain extrêmement important qui va être opéré par l’arrivée de clubs de très haut niveau.

    De votre côté, cherchez-vous des capitaux à l’étranger pour l’OL ?

    J.-M. A. : Non. Avec Jérôme Seydoux et Pathé, on a défini notre approche et on va en rester là. Cela dit, celui qui pourrait attirer un investisseur aurait tort de se gêner. Mais ça n’est pas notre modèle. On a essayé d’aboutir à un système qui permet de financer ces infrastructures très importantes.

    La Ligue 1 est-elle à vendre comme on peut parfois l’entendre ?

    J.-M. A. : Ce sont les oiseaux de mauvais augure qui disent ça. Le football est ce qu’il y a de plus populaire. La France a opté pour l’Euro 2016 donc il y a plein de stades qui sortent de terre. Certes peu dans le domaine privé et avec des PPP (partenariats public-privé) qui vont coûter plus cher aux collectivités territoriales que les modèles privés qu’on a essayé de mettre en œuvre. Mais, en étant choisie par l’UEFA pour l’Euro 2016, la France est en train de sortir de l’ornière. Cela dit, toutes les activités économiques sont en berne en ce moment. Ça n’est pas seulement lié au football. La décision la plus importante, c’est celle que fair-play financier. Moi je fais partie des gens optimistes qui pensent que le modèle économique du football va changer et qu’on va vers des jours meilleurs.

    Pourtant, de nombreux clubs, comme l’OM, Bordeaux ou Lille, font régulièrement l’objet de rumeurs de rachat…

    J.-M. A. : Aujourd’hui, il y a des investisseurs à Monaco parce que Monaco est descendu en Ligue 2 et ils sont en train de faire une équipe qui peut gagner le championnat. Le PSG est en passe de construire une équipe qui pourra gagner la Ligue des champions. Derrière, ça va entrainer beaucoup de clubs dans une spirale positive. En étant à la Commission stratégique de la FIFA, je vois bien comment les choses évoluent. Objectivement, je pense qu’on est passé du bon côté des choses. Il ne faut pas être négatif. Le modèle est en train d’aller vers quelque chose de sain et efficace. On suit et on investit. Si on pensait qu’il y avait des risques aussi importants, on n’aurait pas investi comme on l’a fait. Avec le fair-play financier sur le plan européen et l’Euro 2016 sur le plan français, je pense qu’on est sur la bonne voie.

    Pour vous, le fair-play financier sera donc une bonne nouvelle pour le football français ?

    J.-M. A. : C’était nécessaire et c’est une excellente chose. Quand Michel Platini l’a annoncé, personne n’y croyait et finalement ça se met en route afin d’éliminer les investisseurs à perte. Il y avait deux solutions. Soit on faisait comme les Etats-Unis avec des règles de plafonnement des salaires (salary cap, ndlr) mais c’est impossible en Europe vis-à-vis de la Commission européenne. Soit on trouvait une formule qui évite d’avoir à financer ce process inflationniste. Cette mesure, c’est de supprimer les apports en capital et en fonds propres qui finançaient les pertes et, deuxièmement, d’obliger les clubs à avoir des revenus qui viennent équilibrer les comptes. D’où l’orientation vers les stades ou les structures qui permettent de dégager des revenus très importants.


    http://www.eurosport.fr/football/ligue-1/2013-2014/ol-jean-michel-aulas-le-modele-de-demain-integre-la-propriete-du-stade_sto3878228/story.shtml


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